jeudi 18 novembre 2010

Une comptine

Dorothée était une petite tortue qui était très, très, très vieille (je pense qu’elle avait au moins 103 ans, mais peut-être plus). Elle passait la plus grande partie de son temps à dormir, retirée dans sa coquille vert kaki, au fond d’un joli petit jardin de banlieue. Mais de temps en temps, pour se changer les idées, elle sortait sa tête toute fripée et tendait son cou, les narines grandes ouvertes, pour mieux renifler les fleurs du jardin à la belle saison. Ou bien elle écoutait passer les oies vers le sud en automne. A ces occasions, elle sortait ses petites pattes toutes ridées et se promenait lentement, lentement entre la maison, les rosiers, et le cerisier.
Un soir, Dorothée somnolait lorsqu’elle entendit un bruit bizarre, un bruit décidément pas normal. Avec ses petits yeux endormis elle vit un homme cagoulé qui essayait de forcer la fenêtre de la chambre du fond du jardin. C’est pas bon, se dit-elle, la famille va être cambriolée ! Elle aimait bien cette famille, qui lui donnait de temps à autre de la laitue fraîche et de l’eau quand il faisait chaud. Mais quoi faire ? Elle était petite, elle était lente, mais…elle avait de l’idée. Dorothée avançait, doucement mais sûrement, vers la fenêtre du fond. Elle s’est placée de façon stratégique juste en dessous, comme une grosse pierre qui aurait poussée là. Le cambrioleur ne tardait pas à redescendre de la fenêtre, mais pressé et surpris, il s’est bien tordu le pied sur la carapace de Dorothée. Aie !! Il cria, et là Dorothée lui a mordu très fort sur la cheville. Aie ! Aie ! et encore Aie !!! Il a crié, et a prit ses jambes à son cou (avec beaucoup de mal), laissant son butin derrière lui dans l’herbe mouillée du soir.
Dorothée, très contente d’elle, est partie dormir sous le cerisier, et rêvait de belles feuilles de salade toutes vertes.

Martha

Il était une fois un grand loup poilu
Juste dans le bois, derrière chez moi
Il fut connu sous le nom du Loup Blanc
Alors, ai-je demandé à ma maman
L’a-t-on jamais vu, ce fameux loup tout blanc ?
Mais non, m’a-t-elle dit, il est bien trop réticent
De se montrer le jour à tout moment
Et la nuit il se cache pour hurler avec le vent
Mais alors, ai-je dit, en insistant lourdement,
Comment peut-on dire « connu comme le loup blanc »
Si on ne l’a jamais vu, nez à nez, depuis tout ce temps ?
Es-tu sûre qu’il existe vraiment ?

Martha

Doudou dans tes bras,
Doudou sur ton cœur,
Mimi n’a plus peur,
De la nuit, de ses rêves,
De l’absence, du noir,
Du vide qui s’installe, mais que
Doudou remplit par toute sa douceur.

Roseline

Petit chien, je te tiens. Tu es beau au dodo. Des rêves, j’en fais plein, Ils sont tous rigolo. Viens me voir petit chien, Nous irons sur le pot Avec toi, je m’endors, encore, encore et encore !

Maroussia aime son doudou. Jamais, elle ne le quitte. Où qu’elle aille, il est là, Très serré dans ses bras. Elle n’est plus toute petite, mais il reste l’ami doux !

Michèle

Poésie

Si personne ne m’appelle et je ne parle pas toute la journée
Est-ce que je disparais ?
Si je ferme les yeux toute la nuit
Verrais-je le soleil à mon réveil ?
Si je pleure pendant des heures et des heures
Est-ce que j’aurais vidé mon trop plein de malheur ?
Si je ne bouge pas pendant 3 jours
Est-ce que je pourrais marcher toujours ?
Et si tu ne reviens donc jamais
Serais-je vivante ou inanimée ?

Martha

Lorsque viendra l’automne avec ses nuits sans lune
J’irai par les chemins, foulant l’herbe mouillée
Dans les ténèbres, au loin, tout en haut de la dune
Les sirènes chanteront nos amours déchirées.

Alain

De l'autre côté de mon coeur...

De l’autre côté de mon cœur, il y a le silence et la peur de la petite fille que j’ai été. De l’autre côté de mon cœur, il y a la femme face à la vie et ses difficultés. De l’autre côté de mon cœur, il y a la gitane qui ne demande qu’à danser. Au devant de mon cœur, il y a le chemin de l’harmonie à trouver.

Michèle

Il y a de la musique…
La musique des notes, la musique des mots
La musique des rires et des sourires
Il y a des couleurs…
Le bleu clair du ciel, le bleu noir de la nuit
Le rouge du bonheur ou de la chaleur
Le jaune de l’or dans tes mains douées
Et de l’argent dans tes vieux cheveux bouclés

Martha

De l’autre côté de mon cœur,
Il y a mes souvenirs d’enfance,
Longtemps enfouis au fond de moi ;
De l’autre côté de mon cœur,
Il y a une jeunesse,
Dans un merveilleux pays de soleil ;
De l’autre côté de mon cœur,
Il y a mes douleurs de femme,
Que je garde enfouies au fond de moi
De ce côté de mon cœur,
Il y a mes joies de grand-mère
Qui combleront toujours mon cœur

Micheline

De l’autre coté de mon cœur, il y a :
Tout ce qui est resté caché,
Toutes les pensées non exprimées.

De l’autre coté de mon cœur, il y a :
Tous les désirs non exaucés,
Toutes les larmes non versées.

De l’autre coté de mon cœur, il y a :
Tout ce que je peux espérer,
Qui n’est pas encore arrivé.

Derrière le secret de mon cœur,
Il y a ma vraie personnalité.

Colette

jeudi 4 novembre 2010

Une question de temps

Comme aujourd’hui il fait un temps de chien
j’ai décidé de prendre le temps,
(il faut le faire, de temps en temps)
mais sans pour autant perdre du temps,
(c’est-à-dire, en 2 temps 3 mouvements)
de vous raconter une histoire d’un autre temps
C’était un temps d’autrefois,
le temps des cerises, un très beau printemps,
tel que ça arrive de temps en temps

Un certain Monsieur Tantmieux,
jeune homme tout à fait de son temps,
rencontra une belle Mademoiselle Tantpis
Il lui a fait la cour, le temps d’une quadrille,
d’une valse et d’un tango,
le temps de quelques paroles partagées
en battant les temps forts avec ses pieds
mais allant trop vite, il y a eu un contretemps
Mademoiselle Tantpis lui dit : « j’ai plus le temps ! »
Et sans prendre le temps de lui dire « au revoir »
elle a pris la tangente, jusqu’au fond des temps

« Ah, si nous avions eu, à la place, un « slow »,
ou si seulement je l’avais rencontré un tantinet plutôt… »
se lamenta le triste Monsieur Tantmieux
mais le temps n’arrangea pas l’histoire du malheureux

La morale de cette histoire se raconte en peu de temps :
Il ne faut jamais courir après le temps
mais toujours prendre le temps qu’il faut
Il y a un temps pour chaque chose
et pour chaque chose un temps!

Martha

Le temps

Mes parents m’ont élevé à respecter l’heure. L’importance de cette vertu m’a été imprimée dès l’âge tendre. J’avais une tendance naturelle à traînasser pendant que je me préparais pour partir à l’école et un jour, après plusieurs avertissements sévères, mon père est parti sans moi. Je devais passer toute la journée à la maison avec ma mère. Je fus anéantie. Plus jamais, je me suis juré!
En tant qu’adulte, j’ai toujours laissé une marge de temps avant les rendez-vous chez le médecin, les sorties, les leçons de musiques, les cours. J’étais rassurée d’être juste un petit peu en avance. Le lièvre blanc dans Alice au pays des merveilles (lecture classique dans le monde anglo-saxon) qui consultait constamment sa montre à gousset au bout d’une chaîne en or en marmonnant, « je suis en retard, je suis en retard… » me rendait hilare. Comment pouvait-on être aussi désorganisé et irresponsable? Je ne serais certainement jamais comme ça.
Puis, je suis venue vivre en France. Pendant ma première année comme étudiante à Paris, l’heure n’affectait pas trop ma vie. Ou plutôt, j’ai découvert que les français semblaient avoir une attitude très décontractée envers le temps. J’assistais aux cours qui avait un début et une fin théoriques, mais mes co-étudiants rentraient et sortaient en continue, sans être remarqués dans l’énorme amphithéâtre de la Sorbonne. Nos rendez-vous sociaux furent approximatifs : « Essaies d’être là avant six heures”, ou bien “Je serais là après sept heures”. Pour être honnête, aucun d’entre nous n’était français, mais nous étions là pour étudier la culture française et nous nous entraînions à suivre l’exemple autour de nous.
Lorsque je commençais à fréquenter mon futur mari (français), nous avons pris un “rendez-vous” journalier pour dîner ensemble, et quelque fois il était très en retard. Le téléphone portable n’avait pas encore fait son apparition, alors je guettais, j’attendais, et quelque fois je m’énervais. D’habitude il fabriquait une excuse, par politesse (ou par amour?). Il ne pouvait pas s’empêcher de mentionner que son frère n’était pas seulement en retard pour ses rendez-vous, mais quelque fois il ne venait pas du tout (je devais comprendre, « qu’est-ce que tu as de la chance d’être avec moi! »)
Je l’ai épousé quand même, pour d’autres qualités, et commençais mon premier job à Paris. Hélas, je trouvais le problème du temps présent au travail également. Les réunions ne commençaient et ne terminaient jamais à l’heure. Le temps perdu cumulé était inimaginable. Les français adorent calculer, avec leur esprit Cartésien et leur adoration pour les mathématiques: TCP = TPI x NPP (ou Temps Cumulé Perdu égale Temps Perdu Individuellement multiplié par le Nombre de Personnes Présentes à la réunion, même si certaines de ces personnes n’étaient pas en retard elles-mêmes). Mais ça ne changeait absolument rien.
Au cours des années, je me suis adapté peu à peu au sens français du temps. J’ai appris à apporter un livre (plutôt long de préférence) chez le médecin. Mon record personnel fut une attente de 3 heures pour voir le chirurgien qui devait m’ôter un kyste ovarienne, bien plus long que l’opération elle-même. J’ai appris à ne pas être à l’heure pour les soirées – je ne voulais pas embarrasser mon hôte ni moi-même si je devais boire trop d’apéritifs pour tuer le temps, tout en écoutant mon estomac crier famine.
Mon ajustement culturel m’a fait payer un prix dans la vie personnel. Je me suis adapté aux retards répétés de mon mari en mentant à propos de l’heure du dîner ou du déjeuner. Quelquefois je me suis vengé en lui servant des rôtis trop cuits et des ragoûts brûlés. Je dois mentionner que j’avais une amie française qui fut une exception (l’exception qui prouve – ou plutôt qui contredit- la règle, comme le dicton bien connu aux français). Une fois elle m’a fait la tête parce que j’avais 10 minutes de retard pour prendre sa fille, bien même que j’ai conduit ensuite comme Fangio pour rattraper le temps perdu. Elle a fini par me pardonner, mais ce fut une expérience traumatique pour moi, puisque cela a semé la confusion dans mes efforts de conformer à la culture française.
Une fois mon mari a essayé de m’expliquer sa philosophie gauloise du temps. Il m’a dit, « avant l’heure, ce n’est pas l’heure, après l’heure, ce n’est plus l’heure ». Etre « à l’heure » devenait donc quasi-impossible, car on ne peut être à l’heure que pour un bref instant (je le suspecte sérieusement de jouer avec les mots aussi bien qu’avec mes nerfs). Et que veut ce mari philosophe pour Noël ? Une nouvelle montre, bien sûr ! Il en possède une très grande collection et est toujours heureux de vous donner l’heure précise du jour ou de la nuit. Mais il ne trouve pas cela incohérent – indiquant l’heure ou possédant l’heure exacte n’a absolument rien à voir avec le fait d’être « à l’heure ».
Je pense que je vais lui acheter une montre à gousset avec une chaîne en or…

Martha

Le souvenir

Ce souvenir remonte à ma petite enfance à Nantes où je me trouvais avec ma famille. Mon père avait loué, pour le mois d'août, une maison avec jardin dans les environs de la ville.
Nous pouvions ainsi jouer en plein air sans déranger maman. Un matin, de très bonne heure, je fus réveillée par un brouhaha inhabituel et je m'aperçus que j'avais mouillé le fond de mon pantalon de pyjama. Je m'attendais à être grondée car mes cinq ans ne m'autorisaient plus à ce genre de fantaisie. Mon père, prévenu, ne réagit pas à ma grande surprise. Je ne trouvais pas du tout ce climat normal, et je traînais misérablement dans la maison avec un grand sentiment d'abandon. Maman, que j'appelais, n'était pas disponible et c'est seulement en fin de matinée que j'appris la naissance de notre petit frère qui, jusqu'à maintenant, me rappelle qu'il m'a évité une belle correction !!!!

Renée